Lâcher prise pendant les vacances : pourquoi est-ce parfois si difficile ?


Tu es enfin en vacances.
Plus de réveil à 6 h 45. Plus de réunions. Plus de mails urgents. Plus de course contre la montre pour rentrer, manger, ranger, organiser, anticiper le lendemain.
Sur le papier, tout est réuni pour souffler.
Et pourtant…
Ta tête continue.
Tu réfléchis à ce qu’il faut faire demain. Tu vérifies la météo. Tu organises les sorties. Tu penses aux repas. Tu réponds à deux ou trois messages professionnels « parce que ça prendra juste cinq minutes ». Tu veux profiter, voir du monde, visiter, rentabiliser.
Et quand, enfin, tu ne fais rien…
tu peux presque te sentir coupable.
Lâcher prise pendant les vacances peut alors devenir paradoxalement une nouvelle mission à accomplir.
Et c’est bien là tout le problème.
Pourquoi lâcher prise pendant les vacances peut être si compliqué
Les vacances ne font pas disparaître instantanément notre manière habituelle de fonctionner.
Si, toute l’année, tu es dans l’anticipation, l’organisation, le contrôle ou le « je gère », ton cerveau ne reçoit pas soudainement un message magique lui disant :
Voilà, nous sommes le 12 août. Tu peux désormais arrêter de penser.
Ce fonctionnement t’a peut-être même beaucoup servi.
Il t’a permis d’être efficace.
De tenir.
De gérer les imprévus.
D’assurer pour les autres.
D’avancer même lorsque tu étais fatiguée.
Alors quand les contraintes extérieures diminuent, le réflexe reste parfois exactement le même.
Il faut simplement trouver autre chose à organiser.
Et les vacances deviennent un nouveau terrain de contrôle.
Lâcher prise pendant les vacances quand on a besoin de tout contrôler
Tu connais peut-être ça :
Il est 10 heures.
Personne ne sait encore ce qu’on va faire aujourd’hui.
Et intérieurement, ça commence déjà à te démanger.
« Bon… alors ? On fait quoi ? »
Tu regardes la météo.
Tu proposes trois activités.
Tu vérifies les horaires.
Tu anticipes où manger.
Tu réfléchis au retour.
Et tout cela peut sembler parfaitement normal.
Mais parfois, derrière cette organisation permanente, il y a surtout une difficulté à rester dans l’incertitude.
Ne pas savoir.
Décider au dernier moment.
Accepter qu’une journée ne ressemble pas à ce que tu avais prévu.
Laisser quelqu’un d’autre choisir.
Ou même… ne rien choisir du tout.
Pour certaines personnes, c’est beaucoup plus inconfortable qu’il n’y paraît.
Ton corps est en vacances… mais ta tête continue de travailler
Si tu te reconnais aussi dans cette fatigue qui apparaît dès que tu ralentis, j’en parle plus en détail dans mon article Pourquoi suis-je si fatiguée pendant les vacances ?
Tu peux être allongée sur un transat et avoir mentalement déjà vécu les trois prochains jours.
Ton corps est ici.
Ta tête, elle, est demain.
Ou lundi prochain.
Ou déjà à la rentrée.
C’est souvent là que l’on comprend que le repos physique ne suffit pas toujours à créer du repos mental.
Tu peux ne plus travailler et continuer à :
anticiper,
résoudre,
planifier,
vérifier,
penser pour les autres,
t’inquiéter de ce qui pourrait arriver.
Et ce niveau d’activité intérieure peut maintenir une sensation de tension alors même que ton agenda s’est considérablement allégé.
C’est aussi pour cela que certaines personnes reviennent de vacances en disant :
« Je n’ai pas vraiment eu l’impression de décrocher. »
Elles ont arrêté le travail.
Mais pas nécessairement leur fonctionnement habituel.
Quand le vide devient inconfortable
Ne rien faire paraît merveilleusement agréable…
jusqu’au moment où l’on doit réellement ne rien faire.
Parce que lorsque l’activité s’arrête, il n’y a plus autant de bruit pour couvrir ce qui se passe à l’intérieur.
Des pensées peuvent remonter.
Des émotions.
Une fatigue.
Des interrogations.
Parfois même une forme de tristesse ou d’anxiété.
Alors, presque instinctivement, on recommence à remplir.
Une sortie.
Un restaurant.
Une balade.
Les réseaux sociaux.
Un épisode de série.
Un message.
N’importe quoi qui évite ce face-à-face avec soi.
Pourtant, le vide n’est pas forcément dangereux.
Il peut simplement être inhabituel.
Et apprendre à rester quelques instants dans cet espace sans immédiatement chercher à le remplir peut permettre de retrouver quelque chose que l’on entend peu dans le quotidien :
soi-même.
Le piège des vacances parfaites
Il y a aussi une drôle d’injonction autour des vacances.
Il faudrait qu’elles soient réussies.
On a attendu toute l’année.
Alors il faut profiter.
Faire des souvenirs.
Voir de beaux endroits.
Être détendu.
Être disponible pour les enfants.
Être amoureux.
Être joyeux.
Dormir.
Faire du sport.
Lire.
Manger dehors.
Et revenir reposé avec, idéalement, une jolie photo de coucher de soleil en bonus.
Ça commence à faire beaucoup pour une période censée permettre de souffler.
Et sans même nous en rendre compte, nous pouvons transformer les vacances en nouvelle performance.
Combien d’activités avons-nous faites ?
Avons-nous suffisamment profité ?
Les enfants se sont-ils amusés ?
Est-ce que « ça valait le coup » ?
Mais les vacances n’ont pas besoin d’être extraordinaires pour être réparatrices.
Parfois, une journée réussie ressemble simplement à une journée où personne n’a regardé l’heure pendant trois heures.
Pourquoi certaines personnes remplissent toutes leurs journées
Il y a souvent plusieurs raisons.
Par habitude.
Parce qu’elles adorent bouger.
Parce que rester sans activité les ennuie réellement.
Mais parfois aussi parce que faire donne une sensation de maîtrise.
Quand je fais, j’avance.
Quand j’organise, je sais où je vais.
Quand je contrôle, je limite l’imprévu.
Et lorsque je m’arrête…
je ne sais plus très bien quoi faire de moi.
C’est là que les vacances peuvent devenir intéressantes.
Parce qu’elles montrent parfois très clairement notre rapport au repos.
Est-ce que je sais m’arrêter sans culpabiliser ?
Est-ce que je me sens utile uniquement lorsque je fais quelque chose ?
Est-ce que j’accepte que les autres prennent le relais ?
Est-ce que je peux changer de programme sans me sentir irritée ?
Ces petites réactions racontent souvent beaucoup plus que l’on ne croit.
Est-ce vraiment du repos si tu dois réussir à te détendre ?
C’est une question que j’aime bien.
Parce qu’on peut facilement tomber dans un nouveau piège :
optimiser son repos.
Faire la meilleure routine matinale.
Marcher 10 000 pas.
Faire 20 minutes de méditation.
Lire 30 pages.
Faire du yoga.
Respirer.
Boire suffisamment.
Dormir huit heures.
Et surtout… être détendue.
Autrement dit, recréer une liste de tâches pour réussir à ne plus avoir de liste de tâches.
Un petit chef-d’œuvre de notre époque. 😅
Les outils peuvent énormément aider.
Mais uniquement s’ils restent des appuis.
Pas de nouvelles obligations.

6 façons de lâcher prise pendant les vacances sans te forcer
L’objectif n’est pas de devenir une personne parfaitement zen qui regarde les nuages pendant huit heures.
Tu peux simplement créer un peu plus d’espace.
1. Prévois une seule chose importante par jour
Une visite.
Un déjeuner.
Une activité.
Puis laisse volontairement du vide autour.
Cela permet d’avoir un repère sans transformer toute la journée en planning militaire.
2. Crée une demi-journée sans programme
Pas « on verra selon la météo ».
Vraiment :
rien de prévu.
Et observe ce que ça te fait.
Est-ce agréable ?
Inconfortable ?
Est-ce que tu cherches immédiatement à remplir ?
Ce simple exercice peut être très révélateur.
3. Pose-toi cette question avant de dire oui
« Est-ce que j’en ai envie ou est-ce que je pense que je devrais le faire ? »
Les deux réponses peuvent sembler proches.
Mais elles racontent des choses très différentes.
4. Laisse quelqu’un d’autre organiser
Si tu es toujours celle ou celui qui prévoit tout :
laisse faire.
Même si ce n’est pas exactement comme tu l’aurais fait.
Même si le restaurant n’est pas celui que tu aurais choisi.
Même si vous partez quinze minutes plus tard.
C’est un excellent entraînement au lâcher-prise.
Et oui, parfois, il faut serrer légèrement les dents au début. 😄
5. Crée de vrais moments sans sollicitations
Pose le téléphone.
Coupe les notifications.
Éloigne-toi quelques minutes des écrans.
Pas forcément pendant quatre heures.
Commence par vingt minutes.
Puis regarde autour de toi.
Le ciel.
Le vent.
Les bruits.
Ton corps.
Ce que tu ressens.
Le moment présent est rarement spectaculaire.
C’est justement tout son intérêt.
6. Autorise-toi à changer d’avis
Tu avais prévu la plage et tu veux finalement rester lire ?
Très bien.
Tu voulais sortir et tu sens que tu as besoin de dormir ?
Très bien.
Tu avais promis de « profiter à fond » et ton corps te demande une journée tranquille ?
Très bien aussi.
Changer son programme n’est pas rater ses vacances.
C’est parfois commencer à les vivre.
Et si ton besoin de contrôle racontait autre chose ?
Le contrôle n’est pas toujours une mauvaise chose.
Il sécurise.
Il structure.
Il évite certains imprévus.
Mais lorsque tu as l’impression que si tu ne gères pas, tout va s’écrouler, il peut être intéressant d’aller regarder un peu plus loin.
Depuis quand fonctionnes-tu comme ça ?
Est-ce que tu as appris très tôt à être responsable ?
À anticiper les réactions des autres ?
À ne compter que sur toi ?
À assurer même lorsque tu étais fatiguée ?
À ne pas montrer que tu ne savais pas ?
Parfois, derrière une difficulté à lâcher prise, il n’y a pas simplement quelqu’un de « trop contrôlant ».
Il y a quelqu’un qui a appris que contrôler était une façon de se sentir en sécurité.
Et ça change complètement la manière de regarder ce fonctionnement.
Au lieu de se dire :
« Il faut vraiment que j’arrête d’être comme ça. »
on peut commencer par demander :
« Qu’est-ce que j’essaie de sécuriser lorsque je contrôle autant ? »
Tu n’as pas besoin de réussir tes vacances
Tu n’as pas besoin de rentrer en septembre :
transformée,
reposée à 100 %,
bronzée,
pleine d’énergie,
avec 742 photos et une nouvelle philosophie de vie.
Tu peux simplement avoir vécu quelques bons moments.
Quelques moments moyens.
Des journées lentes.
Une sortie annulée.
Une sieste imprévue.
Des enfants qui se sont ennuyés.
Une soirée où personne n’avait rien à raconter.
Et malgré tout avoir passé de vraies vacances.
Parce que lâcher prise pendant les vacances, ce n’est peut-être pas apprendre à ne plus rien contrôler.
C’est simplement accepter que tout n’ait pas besoin d’être contrôlé.
Et ça, parfois, change déjà beaucoup de choses.
Je suis Émilie Foubert, coach en transition de vie
J’accompagne les femmes et les hommes qui traversent une période de burn-out, d’épuisement, de séparation, de perte de sens, PMA, d’anxiété ou de transition de vie.
Ces moments où l’on sent que notre manière habituelle de fonctionner ne tient plus vraiment… mais où l’on ne sait pas encore comment faire autrement.
Mon accompagnement permet de déposer ce que tu portes, comprendre certains fonctionnements, retrouver tes propres repères et remettre progressivement du mouvement là où tout semble bloqué.
Je reçois en cabinet à Bouaye, près de Nantes et dans le Pays de Retz, et j’accompagne également en visio partout en France.
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